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Article des Nouvelles

· DOSSIER

Le choix d’une passion

Éleveurs de vaches ou de porcs, ils ont choisi de poursuivre l’activité créée par leurs parents. Auprès de leurs animaux et au coeur de la nature, Sébastien et Cindy s’investissent totalement et avec enthousiasme.

« Ce n’est pas difficile tant qu’on aime ça »

C’est au creux d’un paysage vallonné, semé de longères en pierre et d’hortensias en fleur, que l’on accède à l’exploitation de Sébastien Hellégouarch, à Inguiniel.

Ici vivent les 178 vaches laitières de la ferme de Kerguendo. Très attaché à ses animaux, Sébastien s’est joint en 2015 à ses parents et un quatrième associé pour gérer l’exploitation. « J’ai commencé comme salarié, et avant, j’ai passé un BEP, un bac pro et deux BTS (bac+2) en production animale et gestion comptabilité agricole », raconte-t-il. Car c’est un métier complet : assurer l’entretien des bêtes, la traite deux fois par jour, la gestion, la comptabilité… « Il faut être né là-dedans ! Et moi, je suis un "passionné d’élevage". »

Une passion que partage Cindy Chégard, qui élève à Ploemeur 170 truies qui ont chacune 2,5 portées par an.

La jeune femme de 32 ans et son compagnon ont eux aussi repris la ferme familiale, progressivement. « J’ai fait des études en France et au Pays de Galles en communication et marketing. C’est en partant que je me suis rendu compte que l’exploitation me manquait : je préfère être avec les animaux. » Afin d’améliorer le confort de ses bêtes, Cindy a fait construire un nouveau bâtiment et continue de gérer la culture des céréales qui servent à leur alimentation. « Nous cultivons et fabriquons 95 % de l’alimentation. » À Inguiniel, Sébastien Hellégouarch a également choisi de produire le fourrage nécessaire pour l’hiver. « Et dès le printemps, les vaches sont dehors pour brouter dans les prairies. »

Le bien-être des animaux

« On crée un lien de confiance avec eux, explique Cindy. Il faut que les truies nous acceptent auprès d’elles et des petits. On est là pour qu’ils soient les plus heureux possible. » La traite le matin dès 7h, le nettoyage quotidien de la salle de traite, celui de la salle de naissance, l’alimentation, le soin, le travail aux champs : une journée ne se termine pas avant 19h, voire 21h selon les saisons pour Sébastien.

« On est toujours dehors : pas besoin d’aller en salle de sport ! » confirme le producteur. « Mais ce n’est pas difficile, tant qu’on aime ça, reprend Cindy. Le plus dur, c’est plutôt l’image négative du métier auprès du public : les critiques sur les élevages, c’est difficile à vivre, et parfois très violent. »

Un choix assumé, tourné vers l’avenir

Car la situation n’est pas toujours facile pour les agriculteurs. « Nous sommes soumis au cours mondial du lait, explique Sébastien. La production en Nouvelle Zélande peut conditionner les prix du marché. En ce moment, les 1 000 litres de lait se vendent 320 euros. Si on pouvait monter à 340 euros, ce serait mieux : 2 ou 3 centimes sur le litre, c’est l’équivalent d’un petit salaire qu’on peut dégager… » Même constat pour Cindy. « C’est aussi pour ne pas dépendre des cours du blé qu’on sème et cultive nousmêmes l’alimentation de nos bêtes. »

Par ailleurs, les deux producteurs doivent se plier aux quotas laitiers pour l’un, aux obligations de masse musculaire pour l’autre. « On nous applique une plus ou moins-value par rapport aux prix du Cadran* selon la proportion de gras dans la viande. Les gens veulent des côtes de porc sans gras ! C’est très calibré ; l’alimentation est étudiée au gramme près. » Cindy vend sa viande au groupe agroalimentaire Bigard, Sébastien cède son lait à la laiterie Lorco de Pont-Scorff.

Comment voient-ils l’avenir ? « Je suis d’une nature optimiste : ça va aller en s’améliorant, assure Sébastien. Il y a beaucoup de départs à la retraite**, et il y aura des besoins en lait. »

* Référence nationale du prix du porc, à Plérin (22)

** Près d’un quart des chefs d’exploitation ont plus de 55 ans

 

En chiffres

4 000 porcs vendus par an en moyenne par l’exploitation de Cindy Chégard

850 000 litres de lait vendus à la laiterie Lorco chaque année par l’exploitation de Sébastien Hellégouarch


Une aide à la première installation

Depuis quatre ans, 54 jeunes exploitants installés sur le territoire ont bénéficié d’une aide à l’installation de 2 000 euros de la part de Lorient Agglomération. Cette aide financière, qui complète celles versées par l’Europe et l’État, est attribuée à des exploitants qui sont candidats à une première installation en agriculture (élevage ou culture), en qualité de chef d’exploitation.

+ d’infos sur la Charte de l’agriculture et de l'alimentation

 

 

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